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Massage assis Découvrez tous les bienfaits du massage assis, la méthode développée par Joël Savatofski � Details...

 
Écrit par SAVATOFSKI Joel   
Du Comité de Soutien au massage...
... à la Fédération Française du Massage Bien Etre (FFMBE)
 
Dès les années 1980 j'avais pris contact avec les écoles de kinésithérapie pour tenter de développer avec elles les « massages bien-être », et surtout pour leur proposer un mode de formation bien plus pédagogique que ce qu'elles dispensaient à leurs élèves. Mon rêve ? Simplement faire aimer le massage à mes confrères kinésithérapeutes. Peine perdue, contact plutôt froid des écoles, de mes collègues aussi.

 

 

Début 1990, j'ai innové en faisant descendre le massage dans la rue (la pause-massage® sur l'autoroute), et cherché à débarrasser le massage de son carcan médical. Les instances des kinésithérapeutes ont aussitôt commencé à s'agiter mettant en avant leur titre de « masseur-kinésithérapeute », s'autorisant par là à revendiquer leur soi-disant monopole. M'est alors venue l'idée de fédérer tous ceux qui pratiquaient réellement l'art du toucher et du massage y compris mes collègues kinésithérapeutes.  Mon souci et  j'y croyais, éviter que le massage reste à jamais aux oubliettes ou étouffé entre 2 ordonnances médicales.

J'ai commencé à déchanter quand  j'ai rencontré moult difficultés au sein même des écoles de  formation à la masso-kinésithérapie mais aussi parfois de « pseudo écoles » de toute sorte, enseignant massages, développement personnel,  qui commençaient à fleurir autour de nous, chacune avançant et se cantonnant sur des règles, des références à des pseudo « grands maîtres »...venus d'ailleurs.

Heureusement pour le massage à visé de bien-être, j'ai rencontré beaucoup de personnes motivées, notamment les soignants, infirmières, aides soignants qui m'ont de suite ouvert grandes les portes de leurs écoles et de leurs établissements, et aussi les esthéticiennes qui venaient se former dans mon institut. Un juste retour des choses en somme ![1]

Puis, quelques années après, est arrivée la menace du procès[2] : les gesticulations d'abord désordonnées de quelques kinésithérapeutes isolés ont laissé la place à des actions orchestrées, verbales et écrites,  d'insultes sur les lieux publics où j'exerçais, de diffamations par voie de presse , d'intimidations à l'encontre de  mes partenaires et assistants, et  finalement  ma mise en examen en 2001 pour  « complicité d'exercice illégal de la kinésithérapie ! » pour avoir osé avec mes équipes d'animateurs-praticiens  détendre des milliers d'automobilistes sur les aires d'autoroutes et contribuer ainsi à la sécurité routière,  à la baisse du taux d'accidents ».

Illégalité ? crime de lèse majesté ?

Un comble !  (d'autant plus quand ces attaques viennent de professionnels « paramédicaux »!)

A cette époque, pour répondre à la quasi inexistence des « massages bien-être » et à leur pratique presque clandestine, j'ai créé une association de défense et de promotion des massages appelée « Demain les massages ». J'ai fonctionné 3 ans sous cette forme, l'idée de créer une fédération me paraissant alors une montagne.

A l'annonce de ce  procès ubuesque les événements se sont accélérés. Aussitôt  un comité de soutien  « Massage bien-être et qualité de vie » s'est mis en place pour participer au combat que je menais et me soutenir contre  l'injustice dont j'étais victime mais,  au delà de ces faits, un soutien clair pour nos libertés fondamentales. Après à peine 4 mois, plus de 3 000 signatures, spontanées, étaient déjà listées. D'ailleurs  honnêtement nous aurions pu en avoir cent fois plus si nous avions disposé de  temps et suffisamment de monde pour présenter la pétition. Toutes les personnes rencontrées alors étaient scandalisées par cette affaire et je dois dire que ma corporation en prenait pour son grade et commençait a être sacrément décrédibilisée aux yeux de l'opinion publique car notre combat avait ( et à toujours ) la faveur totale du public.

Peu de temps après, ce comité de soutien se structura en « Association Soutien au Massage Bien-Etre » (ASMBE) ; tous les ingrédients étaient prêts. L'huissier comptabilisa finalement exactement 4099 signatures authentifiées et déposées au procès. Mais ce n'est qu'après celui-ci que l'idée d'une fédération a vraiment commencé à mûrir.

Personnellement, j'étais très méfiant et le suis toujours. Généralement, les syndicats défendent avant tout l'intérêt de leurs adhérents sur le plan pécuniaire, rarement sur le sens et la nature de leur activité. Pour eux, il n'est pas souvent question des usagers. Mais surtout, je me suis toujours demandé : quelle est la nécessité d'une fédération pour défendre un art qui est naturel, qui existe depuis l'aube des temps ? Les massages interdits ? Impensable ! C'est comme si on interdisait aux gens de danser, de marcher, de s'embrasser...Alors une fédération ?  Et puis, un syndicat, une fédération qui prend en main la « politique » des massages dans notre société, c'est aussi le risque d'institutionnaliser un art, une pratique populaire et donc de le vider de sa substance. Ne risquerait-elle pas de devenir, elle aussi, un corporatisme qui laisserait peu de place à tous les pratiquants amateurs et amoureux du massage ? Voilà  ce qui cogitait dur dans ma tête !

A vrai dire j'étais perplexe. En revanche, j'étais convaincu - et le suis toujours ! - que la pratique des massages devait rester libre comme c'est le cas partout dans le monde, afin que chacun puisse en recevoir ou en donner « à qui bon lui semble et qui lui semble bon ».

Par ailleurs avions-nous d'autres choix que de combattre les kinésithérapeutes avec les mêmes armes qu'eux ? C'était aussi le conseil que m'avait donné la présidente d'une  grande fédération d'esthétique quand nous sommes sortis du bureau du Ministère de la Santé en décembre 2001, où nous nous étions rendus  tous les deux, pour réclamer haut et fort la liberté des massages en France : « Joël, si tu veux te faire entendre il faut monter comme moi une fédération, il te faudra 10 ans... ».

Aujourd'hui, la « fédération française de massage bien être » va bientôt fêter son 5ème anniversaire, elle regroupe une vingtaine d'écoles de massage, elle a pris ses marques et fonctionne.

Encore jeune mais pleine de convictions et d'enthousiasme, elle compte en ses rangs des praticiens massage bien-être, tous horizons dont certains ont déjà plus de 30 ans d'expérience.

Néanmoins, face à la difficulté, voir l'impossibilité, de gérer, contrôler la vague actuelle des massages bien-être, de vérifier la qualité de tout ceux qui se lancent maintenant dans cette activité, devant la prolifération  d'Ecoles de formations, de techniques « exotiques », des SPA et autres instituts de bien-être de toute sorte, j'ai alors pensé dès la fin 2007, que la FFMBE devait plus modestement et avec moins de prétention s'ouvrir totalement à tous les amoureux du massage sans distinction ; et tout d'abord aux usagers, mais aussi aux nombreux soignants qui dispensent cet art quotidiennement à l'hôpital et communiquent par le toucher, aux  esthéticiennes qui ont compris que beauté et bien-être étaient intimement liés, aux différentes associations de soins, aux instituts de beauté, de la forme, aux SPA, aux coiffeurs, aux podologues, aux éducateurs, et naturellement  à tout étudiant motivé... ...à tous ceux, dirai-je, qui ont compris la nécessité, l'utilité, la générosité, le sens du « service à l'humain»  que  demande cette pratique.

N'est-ce pas un moyen d'éviter l'émergence de nouveaux corporatisme, de redonner aux massages ses lettres de noblesse en re-popularisant cette activité millénaire et peut-être même in fine de  renforcer la crédibilité des massages bien-être ?

C'est bien pour cela que j'ai alors proposé de refonder la FFMBE sur ces nouvelles bases, de créer une « Grande fédération des massages bien-être » en faisant appel aux services de Gérard Fournier - déjà impliqué avec moi dans l'Association Soutien aux Massages Bien-Etre l'ASMBE (association qui n'avait alors plus trop de raison d'être) - particulièrement compétent pour mettre en oeuvre cette transformation.  Ce projet - certes, pas tout de suite bien compris par tout le monde - est aujourd'hui accepté et devrait voir le jour officiellement le 11 avril  2009 lors de cette assemblée générale historique.

Un an de travail déjà et un accouchement que nous espérons tranquille pour  une Fédération plurielle, ouverte, proche des besoins de nos contemporains.

Joël Savatofski



[1] Il est bon de  rappeler que les massages se sont développés dans le cadre des soins infirmiers. Cette pratique, d'abord réservée aux hommes, est devenue progressivement une spécialité "infirmier-masseur". En fait, ce n'est qu'en avril 1946 qu'est née la profession de masseur-kinésithérapeute, créant alors ses propres critères de compétence. Depuis, la Kinésithérapie s'est considérablement développée, affinée, perfectionnée aux dépens - il faut bien le constater - du massage manuel laissé pour compte et réduit à un acte médicalisé, codifié, technique, symptomatique. Avec un engagement très masculin pour la technicité (au détriment du relationnel) le massage est alors devenu plutôt musculaire, réflexologique, cellulitique, mécanique ... et déjà certains appareils tendent à le suppléer.

[2] L'affaire massage bien-être (Ed. Yves Michel - 2008)