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Page 1 sur 3 Le toucher-massage, un bien précieux pour les personnes âgées
"Enrichir les soins quotidiens par les massages de bien-être, de confort, améliorer la communication, aider à mieux supporter la solitude et répondre au besoin inassouvi d'être touché et encore "touchable" (...)
le toucher-massage devient un bien précieux que chaque soignant doit pouvoir dispenser le plus généreusement possible."
Pourquoi le Toucher-massage ?
Vous avez tous fait l'expérience des mains qui, d'emblée, vous apaisent, vous réchauffent, vous donnent du baume au coeur. Parfois, les mains de la personne qui vous est chère ou en qui vous avez réellement confiance peuvent plus pour soulager vos maux que les meilleurs praticiens du monde. De même le massage est bien autre chose qu'une technique à effet mécanique. Son effet majeur se trouve dans la relation qui s'établit entre celui qui masse et celui qui est massé.
Le massage existe depuis toujours et fait partie de notre patrimoine instinctif de communication. Quand on sent un ami angoissé, on pose « machinalement » sa main sur son épaule. Si on veut lui donner confiance, on lui presse amicalement la main. Nous savons que les massages étaient pratiqués de façon empirique depuis des millénaires, un peu partout dans le monde. Ils se sont d'abord développés dans le cadre des soins infirmiers, puis avec la naissance de la profession de masseur-kinésithérapeute en 1946 et avec un engagement spécifiquement masculin, ils se sont progressivement réduits à une véritable peau de chagrin et déclinés en actes codifiés, dénaturés de leur fonction première de communication et de bien-être. Les massages peuvent aujourd'hui retrouver leurs lettres de noblesse en s'inscrivant dans une démarche informelle, globale, relationnelle, non codée et démédicalisée.
Précisément, face à l'avancée inexorable de la multiplication des spécialités et la complexité des soins, s'inscrit la nécessité de proposer au soignant un véritable "outil", facile, aisé, qui ne demande pas de connaissances particulières en anatomie, physiologie etc... et de lui donner les moyens de l'utiliser et de le dispenser généreusement afin de répondre aux véritables besoins du malade, d'être touché, câliné, cajolé... massé.
Et, s'il est encore trop de soignants qui, certes, ont "un savoir-faire" dans les différentes tâches qui leur incombent, il y a urgence à leur rappeler que cela ne suffit pas, mais "que savoir-être" en est l'indispensable complément pour ne pas dire l'essentiel de la relation aux soins.
Or justement le concept du Toucher-massage rappelle le lien intime qui existe entre les qualités inhérentes au toucher : actions informelles, intuitives, relationnelles mais aussi présence et écoute bienveillante, et le massage : gestuelle plus élaborée aux multiples effets bienfaisants.
Cette méthode ouverte, évolutive, vivante, non réductrice rappelle au milieu médical l'importance et le caractère indispensable de la relation, de la douceur, de l'humain ... de la main.
L'expérience de plus de 20 années ainsi que les centaines de témoignages reçus vont tous dans le même sens et montrent que le Toucher-massage est un antidouleur puissant[1], qu'il est un excellent antidote de l'insomnie et de la fatigue, qu'il permet de mieux se mouvoir et de conserver une certaine autonomie, etc... Par ailleurs, la pratique du Toucher-massage est un contrepoids certain à la brutalité de certains gestes et interventions médicales.
Elle apporte un soutien aux thérapies mises en place, quelquefois mal vécues. Faisant tout autant de bien au soigné, qu'au soignant, ces gestes d'aide, d'attention, de tendresse et d'accompagnement doivent être favorisés, encouragés et dispensés par tous, du soignant au médecin-chef, de l'infirmier au kiné. L'intérêt majeur du Toucher-massage réside justement dans la pluralité des acteurs ; permettre à chaque malade de pouvoir être touché, « par qui bon lui semble et qui lui semble bon ».
Cette démarche spécifique n'est pas toujours facile pour les soignants formés à guérir, à traiter, à évaluer les résultats de leurs actions. Elle s'inscrit plus dans la multiplicité et complexité des gestes et actes quotidiens, en particulier parmi ces « grand petits soins » , tels, aider le malade à se lever, aller aux toilettes, tirer les rideaux en cas de luminosité excessive, supprimer les plis du drap, redresser, "retaper" les oreillers, s'assurer que le bouton d'appel, le verre d'eau sont bien à portée de la main, passer un gant frais sur un front brûlant, ou encore tenir et caresser les mains, faire un petit massage de la nuque. Le soignant doit répondre malgré une certaine gêne aux besoins des patients et notamment celui impérieux d'être touché.
C'est dans cette démarche qui demande d'abord une capacité d'écoute, de présence et d'authenticité ainsi qu'un minimum de compassion que s'inscrit la pratique du Toucher-massage. Souvent ultime manière de communiquer avec le malade, elle est, sans aucun doute, à l'origine du climat de confiance qui s'instaure et qui aide les personnes qui souffrent ou se savent condamnées, à parler, à se confier, à se libérer et exprimer leurs angoisses ou leurs désirs.
La simplicité du Toucher-massage - tout le monde peut le dispenser - doit inciter les soignants à inviter les proches, souvent démunis et gardant une distance bien malgré eux, à pratiquer et réintégrer en douceur cette relation d'aide par le toucher
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