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Massage assis Découvrez tous les bienfaits du massage assis, la méthode développée par Joël Savatofski � Details...

 
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Massage Bébé/Maman

Toucher, masser la femme enceinte.

Cette période extraordinaire où la vulnérabilité affective et l'état de sensibilité sont très éveillés demande une attention plus particulière de la part des proches et du personnel soignant.Le toucher-massage, parce qu'il apporte à la fois réconfort, sensation de sécurité et marque de confiance, peut aider la future mère à mieux supporter ces quelques mois d'attente, de transformations physique et physiologique. Facilement enseigné au futur père (ou à un proche) ....

 

Le toucher-massage, parce qu'il apporte à la fois réconfort, sensation de sécurité et marque de confiance, peut aider la future mère à mieux supporter ces quelques mois d'attente, de transformations physique et physiologique. Facilement enseigné au futur père (ou à un proche), le toucher-massage peut être l'occasion de se familiariser, de se sensibiliser à la présence de l'enfant et d'établir pendant toute cette période un contact étroit avec lui.

Par son poids et la place qu'il occupe dans le ventre de sa mère, le bébé entraîne la bascule du bassin, la future maman compense en se cambrant au niveau lombaire ; les tensions dans cette région du corps sont donc fréquentes, provoquant souvent des lombalgies, voire sciatalgies.

Par ailleurs, la circulation du sang, en particulier le retour veineux se trouve également gêné. Il n'est pas rare que des problèmes circulatoires à type d'œdèmes, de stases veineuses, des douleurs à type de lourdeurs au niveau des jambes se manifestent.

Rien de très important en général, mais tous ces maux désagréables, répétitifs, finissent par fatiguer la future mère. Pour l'accompagner et l'aider à mieux combattre ces maux courants, je ne peux qu'insister sur le rôle bénéfique du toucher-massage et en recommander la pratique.

Mon conseil : Massez les membres inférieurs (pieds, jambes, cuisses)  en utilisant  des manœuvres  "drainantes" légères (en remontant vers le bassin) pour favoriser la circulation veineuse et lymphatique, ajoutez y quelques mobilisations douces (relaxinésie®[1]); massez aussi toute la région lombaire pour un meilleur confort du bassin. Utilisez un peu d'huile pour une meilleure glisse.

On ne parle jamais assez bien de ce qu'on aime. Vous voulez intéresser les jeunes mamans au massage et bien : massez-les !  Souvenez-vous, le massage est un art qui s'apprend autant en donnant qu'en recevant.

A noter : Pour pratiquer un toucher-massage du dos, choisissez soit la "position assise" (si la parturiente est alitée ou en fin de grossesse) ou la position "allongée sur le côté" qui permet un confort optimal.

En dehors des deux parties du corps déjà citées, qui souffrent pendant la grossesse, d'autres zones sont également marquées par la fatigue : les trapèzes, le cou, le visage, surtout à partir du 7ème mois, là encore, le massage-douceur sera naturellement bienvenu.

Autre petit tracas : l'apparition de vergetures. Le soignant peut là aussi utiliser le toucher-massage comme moyen de prévention. Conseillez à la future mère, dès le début de la grossesse, de masser le pourtour de ses fesses, de son ventre, l'intérieur des cuisses et le contour des seins avec une crème hydratante ou une huile (amande douce, noyau d'abricot).  Les tissus ainsi travaillés gagnent en élasticité et cela permet  d'éviter le craquellement  des fibres peauciers.

Lors de la première application de crème sur la poitrine, si vous sentez la  jeune femme hésitante, montrez-lui - à moins qu'elle ne s'y oppose - comment, par des mouvements glissés, main bien à plat, elle peut étirer doucement la peau. 

En fin de grossesse,  elle pourra  de la même façon pour préparer le mamelon à la lactation en se massant par des petites pressions et des étirements doux entre le pouce et les doigts de la même main, le pourtour du mamelon.

Si beaucoup de femmes sont sensibilisées  au déroulement d'une grossesse, toutes n'ont pas cette chance, il n'est pas rare, vous le savez comme moi, de rencontrer encore de jeunes femmes avec très peu d'expérience et de connaissances sur le fonctionnement de leur corps, l'état de grossesse peut être alors vécu comme un état angoissant. Durant cette période,  votre rôle doit être de les aider à mieux se  connaître et apprendre à vivre les modifications physiques et psychologiques sans angoisse, tranquillement. Invitez-les  à prendre soin de leur ventre, de leurs seins, à sentir petit à petit leur enfant qui vit et se développe en elles. La voix, la douceur d'une main, la tendresse d'un geste seront favorables à la mise en place d'un climat chaleureux et sécurisant.

Quand cela est possible, joignez-y la présence du père .[2]

Procédez tout en nuances, ne rien imposer, mais suggérer, aider la future maman à faire connaissance avec son corps, aider le père à oser, rassurez-le en l'encourageant dans la voie du partage et de la participation active. Le compagnon, sans doute ému, mais non paniqué, pourra ainsi prendre toute sa place, pendant la phase de travail, il saura sans doute, grâce à vous, soulager, apaiser, aider : prendre la main, toucher l'épaule, relâcher la nuque, passer la main sur le front, somme toute, s'autoriser une série de petits gestes qui s'exprimeront le plus naturellement du monde[3], le bonheur  d'être présent.

Jacqueline T. :

Parce qu'elle ne voulait pas souffrir seule, Annie, 22 ans, me demanda d'assister à son accouchement. La sage-femme, débordée ce soir-là, nous installa promptement dans l'une des salles en nous laissant seules, rassurée que je sois infirmière. Des contractions déjà importantes provoquaient chez la future maman de vives douleurs lombaires. N'y tenant plus, elle demanda de faire quelque chose. L'installant donc sur le côté, je commençai à lui masser la région douloureuse. Le massage rassurait Annie, à tel point qu'elle refusa tout autre soin. Ce n'est que lorsque les contractions devinrent violentes et pratiquement ininterrompues que je dus appeler la sage-femme. Quelques minutes plus tard, le bébé était sur le ventre de sa maman.

Ce témoignage nous rappelle combien le toucher-massage peut être aidant pendant

la phase de travail et combien certains gestes sont alors les bienvenus.

Toucher-bébé

Toutes les mères du monde connaissent l'importance du petit câlin et sa fonction psychophysiologique. La plupart, d'ailleurs, ont des gestes spontanés et cela dès la naissance de leur bébé.

Cela est encore vrai, mais il m'arrive de me poser la question : pour combien de temps ?

Le risque actuel est  que des professionnels du soin s'arrogent le droit de dicter les conseils et  de techniciser les gestes pourtant naturels de la mère qui  sont, faut-il le rappeler,  pratiqués couramment sans appréhension aucune  au quatre coins du monde et ce depuis le début de l'humanité.

Si le massage est depuis toujours utilisé dans les tribus africaines amazoniennes ou indiennes, c'est sans doute parce que, depuis la nuit des temps, ces peuples connaissent les vertus du massage contre la maladie.

Aujourd'hui, nos scientifiques commencent à murmurer que le système immunitaire ainsi stimulé aiderait les nouveau-nés à mieux résister à  la maladie.

Nous avons maintenant la caution scientifique. Ouf, il était temps !

Selon les spécialistes de psychologie du nourrisson, dans les six premiers mois de la vie, les besoins fondamentaux du bébé sont prioritairement le besoin d'être sollicité par des stimulations positives "tactiles tendres". Sans ces éléments de base, l'enfant ne pourra probablement pas bien s'épanouir et devenir un adulte sain et équilibré. Cela est développé par Pascal Prayez[4] en référence au célèbre pédiatre-psychanalyste anglais D. Winnicott et d'autres auteurs.

La pratique du massage de bébé peut donc aider les jeunes parents et tout soignant à sortir des gestes techniques ou maladroits, encore trop présents par exemple en maternité, pédiatrie, néonatalogie. En ce sens, le massage du bébé ne doit pas être une nouvelle technique de pointe, mettant en valeur le savoir-faire du soignant, mais un nouveau langage répondant aux besoins réels d'un petit être sain ou en souffrance, une façon de communiquer et d'entrer en relation avec lui[5].

C'est tout d'abord dans la manière dont il est porté et par les messages perçus par ces récepteurs sensitifs, musculaires et articulaires que le bébé sait ce que ressent pour lui la personne qui le manipule. C'est, par exemple, la qualité de stimulation cutanée qui fait passer le message de tendresse[6] dont l'enfant a tellement besoin. Une kinésithérapeute d'un service de pédiatrie racontait qu'après une formation sur le toucher-massage, elle avait totalement changé sa façon de faire : "Je prends dorénavant véritablement contact avant de pratiquer les soins de kiné respiratoire et ça se passe incroyablement mieux, pour moi et pour le bébé".

En clair, chaque geste de la personne adulte apportera à bébé des renseignements précis sur sa façon d'être, sa fiabilité. Si cette personne est tendue ou insécure, c'est ce que va enregistrer le bébé en priorité. Il est donc important, quand on s'occupe d'enfants, d'être soi-même détendu et attentif, de faire preuve de "tact", de façon à ne pas "passer" à l'enfant ses propres angoisses, peurs ou stress.

Pas évident, mais encore une fois, c'est, à mon avis, plutôt par une démarche ludique que le soignant pourra se dégager de gestes techniques, mécaniques, fonctionnels et finalement s'impliquer réellement sans crainte et avec plaisir dans cette relation.

L'apprentissage du massage du nourrisson passe donc d'abord par soi ; pouvoir tranquillement respirer, se relâcher, prendre le temps, communiquer, avoir des gestes doux, apprivoiser le toucher [7]. "J'utilise des jeux tactiles, des sensations différentes pour entrer en contact avec l'enfant, son regard, ses expressions, ou encore en étant à l'écoute de son corps, j'essaie, pendant les soins de base et autres soins, d'utiliser des gestes doux, enveloppants, maternants pour établir une communication privilégiée avec cet enfant" nous confiait une auxiliaire de puéricultrice (De plus en plus de soignants adoptent aujourd'hui cette démarche "touchante" ).

Pour cela, il est important de savoir qu'en ce qui concerne le bébé (c'est vrai aussi pour l'adulte), la technique n'est pas la première chose à apprendre, il faut avant tout découvrir le massage, le plaisir de masser, celui de donner et aussi de recevoir.

Pour les soignants, c'est parfois ce qu'il y a de plus difficile : ne plus être seulement dans le vouloir faire, mais dans l'écoute des besoins et des réactions de l'autre, apprendre à fonctionner avec son intuition et non plus seulement son intelligence... avec son cœur[8].

Les premiers jours [9]

Quelques minutes suffisent, le massage doit alors être proche des sensations ressenties dans le ventre maternel : caresses enveloppant tout le corps, effleurements légers, bercements, pressions douces.

L'huile utilisée : ne doit pas être agressive (sans huiles essentielles).

Pendant le bain : moment idéal, apprendre à ne pas utiliser le gant de toilette, masser avec l'eau savonneuse.

A la maison : le massage du bébé peut se faire directement sur ou contre le ventre de la maman ou encore dans les bras, allongés ensemble sur le côté, blotti contre maman (dans un fauteuil ou rocking-chair par exemple).

Pendant les changes : c'est judicieux, nul besoin que le bébé soit complètement dévêtu. Les pressions douces sur les vêtements (de préférence en matière naturelle) sont très efficaces et indispensables pour habituer la maman à un toucher de qualité.

Le toucher-massage est un fantastique outil qui peut :

- donner tout de suite confiance à la mère dans sa façon de porter, prendre, toucher l'enfant (le holding et le handling)[10] ;

- aider la maman à prendre contact avec son enfant si la relation semble difficile et éventuellement favoriser la mise au sein.

Pour calmer un nourrisson : poser les mains sur le crâne. (Le contact du crâne sur la paroi utérine est prédominant les derniers temps de la grossesse, ce geste fera revivre un moment sécurisant).

Par exemple, le massage du front est généralement très favorable. Dans un rythme lent et régulier, vos pouces partent du point entre les sourcils et remontent en petits cercles jusqu'à la racine des premiers cheveux.

En service de maternité, la sage-femme a un rôle pédagogique fondamental quant à la bonne relation maman-bébé, comme valoriser le savoir-faire des parents (leur façon d'être). En effet, la massage de bébé est, là encore, une occasion extraordinaire pour la mère de se découvrir apte à faire du bien, capable de détendre son enfant par des gestes simples, pouvoir répondre à certaines manifestations émotionnelles de son bébé (peur, colère, pleurs, gesticulations) autrement qu'en donnant systématiquement un biberon ou une tétine.

Les naissances difficiles

Les souffrances intra-utérines, les bébés sous couveuse séparés de leur mère, la césarienne (le corps du bébé n'a pas reçu les stimulations fortes des contractions lors du passage utérin, lesquelles sont en quelque sorte le signal du fonctionnement postnatal à l'ensemble des systèmes vitaux du bébé, respiratoire, circulatoire, digestif, éliminatoire, nerveux, endocrinien, physiologique).

Utilisé pour minimiser le traumatisme vécu par des bébés qui sont passés par de grandes phases d'angoisse, le toucher-massage pourra aider les parents ou les soignants à réparer ce souvenir. On préconise donc très rapidement des temps de massage chez ces enfants (en particulier en cas de problème respiratoire).

Préférer les positions contenantes (position à cheval, sur les bras par exemple + bercements)[11].

Le toucher-massage en tout cas s'avère bénéfique dans tous les cas où le nourrisson a des difficultés : trop excité, dérangé, perturbé ; il est à la fois très calmant et sécurisant pour les enfants prématurés, sous couveuse.

Le toucher-massage réveille la sensation, et il est bon pour l'état de la peau.

Enfin, pratiqué dès la naissance, il favorise un développement harmonieux de l'enfant.

Marie-Claire V :

"une petite prématurée était tout excitée et ne suivait plus bien sa "machine" à ventiler. Je suis alors intervenue et, au fur et à mesure que je la massais, elle s'est détendue, acceptant mieux va ventilation, et son oxygénation s'est considérablement améliorée.

Nous devons inviter les mères (ainsi que les pères) à toucher, à soigner et même à masser leur enfant si elles le souhaitent".

J'ai animé il y a quelques années un atelier de massage avec des petits enfants. La qualité du geste et l'attention, ainsi que la façon toute naturelle de se détendre de Célestine, une petite fille qui avait à peine 5 ans, m'ont particulièrement surpris. Je manifestai alors mon étonnement à ses parents qui me confièrent que l'un ou l'autre la massait quotidiennement et cela depuis sa naissance. Ceci expliquant sans doute cela.

Le bébé aimera le contact des mains sur l'ensemble de son petit corps et la mère, le père, de même, se sentiront de plus en plus à l'aise et trouveront naturellement les gestes efficaces et utiles.

L'apprentissage du toucher se fera en même temps pour les deux partenaires.

Bébé s'habituera très vite aux premières manœuvres rassurantes d'effleurage et d'enveloppement de son corps.

Ensuite, les mains pourront continuer par des mobilisations des bras, des jambes, des pieds, des mains, bébé adore cela. Partant de manœuvres légères jusqu'à huit à dix semaines environ, le contact pourra se faire plus ferme, plus enveloppant, cinq, voire dix minutes et même en peu plus par la suite de véritable bonheur partagé.

 

 

 

Joël Savatofski



[1] Technique de mobilisation douce mise au point par J. Savatofski, développée dans "Le Massage douceur" (Ed Dangles)

[2] Ce dialogue, la mère, le père peuvent le commencer en posant simplement leur main sur le ventre, et sentir, toucher,palper doucement, en parlant, en chantant. Découvrir la position du petit, l'emplacement de sa tête, de ses pieds, surprendre ses mouvements, reconnaître ses soubresauts, son hoquet, ses coups de pieds, etc., mais sans plus ; bébé l'a-t-il d'ailleurs vraiment demandé ?

[3] Pendant les contractions, ma compagne m'a réclamé de la masser pour essayer de calmer la douleur.

Intuitivement, elle m'indiqua la zone du sacrum et me suppliait de frotter   "fort, fort".  Je m'y suis donc employé sans relâche le temps de chaque contraction. Dans une position particulièrement inconfortable, assis à côté de la table de travail, en torsion vers la droite, j'ai frotté, frotté sans trop réfléchir, avec trois de mes doigts coincés entre la base de son sacrum et le matelas. Et la douleur, effectivement, semblait diminuer un peu. Depuis j'ai appris que d'autres personnes avaient fait avec ces gestes cette même expérience positive.

 

[4] In "le toucher apprivoisé"

[5] Cela est d'ailleurs vrai pour tous, du bébé...à la fin de vie

[6] D. Winnicott.

 

[7] Dans une formation en néonatalogie dans un hôpital parisien spécialisé pour enfants, la quasi-totalité du temps fut consacrée à cela. Seule une demi-journée a suffi pour aborder la technique proprement dite du massage du bébé.

[8] J'encourage la pratique des massages entre soignants,  excellente sensibilisation à la démarche  Toucher-massage®.

[9] Par Jacqueline Thonet (Infirmière, formatrice à l'Ecole Européenne du Toucher-massage).

[10] D. Winnicott.

[11] Chez les animaux qui mettent bas rapidement, l'absence de stimulation physiologique est remplacée par le léchage.